Alors que je fixe le papier peint monstrueux de ma
chambre, une voix masculine se fait entendre et elle
m’appelle en criant. D’un pas nonchalant, je sors de ma
chambre, manquant de peu de me retrouver les fesses par
terre ! Je descends les marches noires silencieusement et me
retrouve face à la personne qui m’avait appeler :
Franck, mon crétin de faux père :
Combien de fois faudra-t- il te dire
que je ne veux pas d’appels le dimanche
après-midi ?
S’énerve-t-il, pour
changer !
« Bonjour, Papa »
pensai-je ironiquement, « Et quand es-ce que tu veux des
appels téléphoniques ? Si ce n’est ni la nuit, ni le
soir, ni le matin, ni le week-end, excuses- moi, mais je suis
un peu perdue ! »
Alors ? Me répète-t- il,
en colère, prêt à me balancer le vase à côté de lui, en pleine
figure !
Excuse-moi …
Papa ! Répondis-je en
murmurant.
Ces mots sonnent tellement faux ! Mais je suis
bien obligée de les prononcer si je veux avoir ce téléphone pour
moi toute seule!
Comme je l’avais prévue, il me tend la chose
tout en me fusillant du regard. Je le saisis, et repars dans ma
chambre le plus vite possible, montant les marches quatre à quatre.
Dès que je suis dans mon antre, je respire un grand coup,
m’allonge, dans ma position favorite : par terre. Et
approche l’appareil de mon oreille tout en prononçant un
petit :
Allô ?
Elo ?
C’est moi, Ambre !
Ambre ! Ma raison de vivre, sans aucuns
doutes ! Ma meilleure amie de toujours, et la seule qui soit
là pour moi, pour me défendre et me faire rigoler en toutes
circonstances. Que ferai-je sans elle ? Je n’ose même
pas l’imaginer ! Mon petit rayon de soleil dans cette
vie bien noire qui s’acharne sur moi depuis mes malheureux 7
ans :
Ambre !
Prononçai-je en soupirant de
soulagement.
Je vois que
tu as encore des malheurs ! Dit-elle,
compatissante.
Je ne te le
fais pas dire
*
*
*
Je raccroche l’objet appelé téléphone et le coince
entre le mur et le pied de mon lit. Ambre venait tout juste de me
raconter comment sa petite sœur l’avait menacer avec
une balle en mousse de lui donner immédiatement l’ordinateur.
Ah, la joie de se disputer en famille, qu’est-ce que ce ma
manque à présent ! Je soupire! « Grand frère,
pourquoi m’as-tu quitté ? » demandai-je comme
si j’allais obtenir une quelconque réponse. Et bien sûr,
c’est le silence qui me répondit gentiment ! Je
m’ennuie comme un rat mort. Regardant l’heure affiché
sur mon réveil rose vautré sur ma table de chevet, je vois
qu’il est déjà 16h33. Je réfléchis un instant et me lance
finalement en dehors de ma chambre. Je vais à la rencontre de
Sonia, la femme qui se fait passé pour ma mère, et lui dis
simplement : « Je
sors… » ! Elle ne me
regarde froidement ce qui veut sûrement dire : «
Vas-t-en! » En plus grossier
d'après moi.
Charmante n’est-ce pas ? Je me
suis déjà posé la question : « Pourquoi cette famille a voulue de moi si elle me
traite comme cela ? » ! Je crois que c’est tout simplement
pour l’argent ! Je ne me fais pas prier deux fois et,
attrapant mon manteau noir et blanc, je sors. Je respire
l’air frais et pure, rentrant ma tête dans mes épaules et
mettant mes mains dans les poches de mon blouson : il fait
froid et, pire que tout, il pleut! Ambre m’a dit un
jour : «
Tu n’as pas l’impression que le temps fonctionne par
rapport à ton humeur ? » J’avais ri, je ne trouvais pas ça
possible ! Je marche un moment observant la ville. Les gens
vont et viennent, tantôt en courant, tantôt en marchant doucement.
Je me rends au parc. Le parc. Mon parc ! Celui que
j’aime tant et où j’allais m’amuser à la
balançoire avec mes parents. Mon parc remplit de souvenirs qui me
détruisent le cœur petit à petit ! Mon parc avec ma
place favorite. Tout simplement, mon parc ! Il n’y a
personne, pas étonnant d’ailleurs avec ce temps ! Je me
couche dans l’herbe fraîche tout en regardant le ciel et les
nuages espérant tomber sur un visage familier. Mais aucun
n’apparut ! Tous ce qui me tombe dessus ce sont les
gouttes de pluie. Je sors mon baladeur MP3 de ma poche et met les
écouteurs dans mes oreilles trempées. Cette petite merveille
technologique m’avait été offerte par ma grand-mère lors de
mes 11 ans. J’ai toujours aimé la musique. Je pense que
c’est un don ! Je met une chanson en route et commence à
la fredonner doucement.
♪ Musique ♪
[ à Voix que je
dédicace à mon personnage !]
Puis, petit à petit, je me mets à la chanter, de
plus en plus fort ! Après tout, personne ne peut
m’entendre
Je suis couverte de boue dans cette
ville qui ne me convient pas.
Je ne peux pas rire
comme les autres,
Alors je marche la tête
baissée,
Face à tous ces gens qui passent
rapidement.
Est-ce que ton rêve s'est
réalisé?"
Je continue à lutter.
Je ne suis plus
dans le monde réel mais dans un autre, celui de la musique. Elle me
possède, elle prend mon corps et en fait ce qu’elle veut.
Quelle sensation merveilleuse !
Au lieu de retourner à mes jours
d'enfance,
Je veux essayer de vivre le mieux possible
maintenant.
J'ai toujours eu peur, je suis née
lâche.
Je chante, encore et
toujours. Je me sens bien. Tellement bien ! Je ne suis plus
là. Je ne pense plus. Je ne réfléchis plus. Je n’ai plus la
notion du temps.
Si j'allais là où le soleil
brillait
Et tendais
mes deux mains,
Arriverais-je à aller au-delà de ce
ciel?
C'est ce que je
pensais.
Les ailes qui me permettraient de
voler
Sont encore
invisibles.
Je peux continuer à vivre, parce que ce n'est pas
simple.
Je rêve !
Tellement, que je ne remarque pas le soleil qui m’éclaire
petit à petit. « Tu
n’as pas l’impression que le temps fonctionne par
rapport à ton humeur ? »…
Adopter un petit chiot
mouillé,
C'est
amusant, mais
Mes larmes se sont versées.
Je voudrais être aimée,
vraiment,
…………C'est tout ce que j'avais
dit,
Mais il ne suffit pas de
le vouloir
Quand j'étais encore jeune, il y
avait des jours
Où je blessais profondément
maman,
Mais maintenant, je voudrais tout
changer.
En allant là
où le soleil brille,
Je voudrais tenir fort cette
main.
En détruisant cette époque-là, cet
endroit-là,
Je peux changer ma
vie!
Mais je ne peux pas te dire
Tout ce qu'il y a dans mon
coeur,
Car ce n'est pas facile, je peux continuer à
vivre.
En allant là
où le soleil brille,
J'ai ouvert une carte, mais
Je le sais... Tu le sais... Ca ne m'empêchera pas de me
perdre.
Je peux changer ma
vie!
Tous les jours qui sont
passés
Sont ce que je suis
maintenant.
Je peux continuer à vivre, parce que ce n'est
pas simple.